Samedi 14 mai 2011 6 14 /05 /Mai /2011 07:09

Traverser la forêt de la Double aux premières lueurs du jour. Flèche du clocher qui pointe sur le ciel encore endormi.

Accueil de la communauté.

 Sourire fidèle, attention discrète, regard rieur de la Sœur hôtelière, de la Mère Abbesse, de l'aumônier, de toutes celles qui se mettent au service des retraitants. Communauté à qui on peut confier ses intentions de prières, qui travaille, loue, chante le Seigneur. Qui nous invite à participer à leurs offices peuplés de leurs chants qui nous donnent une petite idée de l'éternité. A chaque rencontre, se savoir attendue, se sentir attendue.

Silence et beauté de l'oratoire.

Contraste saisissant des vitraux bleutés que le jour vient éclairer progressivement avec le vitrail doré qui scelle le tabernacle en une lumière éclatante. Ici, on dépose ses joies ou ses peines, sous le regard bienveillant du Christ qui vient combler cette solitude choisie. Marie veille, au pied de la croix.

Beauté et silence des lieux.

Respect de l'autre qui vient trouver ici la paix, la sérénité, le repos. Offrir sa contribution au silence. Solitude bienfaisante afin de se retrouver face à soi-même et devant Dieu. Solitude habitée, accompagnée. Fleurs des champs, chants de l'oiseau, arbres de la forêt, papillons des prés qui célèbrent la nature et participent à la louange.

Rencontre des retraitants.

Seuls, la plupart du temps. Communion de quelques heures avec l'autre, inconnu mais frère. Partage discret d'un même désir de donner du temps à Dieu. S'accueillir par des gestes, des sourires, des silences. Partage fraternel du repas et des services. Comprendre, sans mots, la détresse qui se cache parfois au cœur d'un regard.

Temps suspendu.

Temps de désert. Etre dans le monde et hors du monde, s'en coupant quelques temps pour se relier un peu plus, un peu mieux à Dieu. Dans la contemplation, être ainsi à l'écoute de la Parole. Dans un autre rythme, vivre au ralenti pour mieux percevoir le sens profond des choses et sa petite musique intérieure, dans un cœur à cœur fécond.

Départ le cœur plus léger.

Retour apaisé, fortifié par ces heures choisies, offertes. Fruits reçus de ces heures entre parenthèses et dont on rend grâces. Confiance vivifiée. Tourments adoucis. Cœur ouvert. Vraie joie. Souffle nouveau.

S'inviter à Notre-Dame de Bonne-Espérance, la bien-nommée c'est s'accorder une pause salutaire pour en repartir le cœur gonflé de la Bonne Espérance... Pour poursuivre la route.

  

Abbaye de Bonne-Espérance à Echourgnac 24410 : 05 53 80 82 59

Par Marie-Pierre MAILLOU
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